Le massage suédois

Voici le massage dans lequel je me reconnais le plus. Il ouvre toutes sortes de possibilités

Les différents gestes du massage suédois offrent une palette de possibilités qui permet de répondre à une large gamme de besoins : explorer le corps tout en massant ; privilégier le lâcher-prise ; aller en profondeur ou demeurer en surface ; déceler un nodule et le traiter en pression ; cajoler et rassurer… C’est en quelque sorte le couteau suisse du masseur. Une base sur laquelle fonder toutes sortes de massages.

Dans la pratique, 95% de mes séances sont architecturés sur une trame de massage suédois. Ce qui ne m’empêche pas d’y ajouter des gestes empruntés à d’autres écoles.

Dans sa tradition, le massage suédois s’exécute sans rupture de rythme : ainsi, si le masseur sent le besoin de se consacrer à un point particulier du corps, il le fait sans pour autant se départir d’un ressenti d’ensemble. Pour ma part, je questionne un peu cette approche : il m’arrive de m’arrêter sur une zone du corps et de la traiter en abandonnant la fluidité du geste afin d’adopter des techniques plus ciblées. Ainsi, par exemple, travailler un muscle long contracturé sans se départir du rythme suédois va certes être plus agréable pour le recevant. En revanche, adopter un rythme plus rapide et un geste plus ciblé permettra de multiplier par cinq ou dix le travail produit sur cet endroit particulier du corps. D’un point de vue massothérapie le résultat sera bien meilleur. Je m’autorise donc à m’appesantir sur un point, au risque de faire une entorse à l’harmonie globale de mon massage.

La fluidité, l’effleurage et le lâcher-prise constituent la toile de fond sur laquelle est dessiné le massage suédois. Autrement dit, quels que soient les gestes et les visées thérapeutiques, un bon massage devra se dérouler dans des conditions de fluidité qui autorisent le lâcher-prise. La fluidité existe si le geste satisfait à deux conditions : d’une part, la continuité du contact et, d’autre part, la délicatesse des enchaînements.

La continuité du contact fait que le masseur, dès lors que le massage est débuté, demeure en permanence avec au moins une main sur le recevant. Une main qui, par ailleurs, va précéder le geste et indiquer la zone concernée. Ainsi, le recevant ne sera jamais surpris par un geste de massage. Le recevant doit être assuré qu’il n’aura pas à regretter d’avoir accepté le lâcher-prise.

La délicatesse du contact exprime la bienveillance du masseur et le respect du lâcher-prise du recevant. Elle vient contrebalancer les gestes plus profonds qui, le cas échéant, peuvent être douloureux. Elle est tout autant continuité que récompense faite au corps.

Les différents gestes de malaxage et de pétrissage sont l’essence même du massage suédois. Ils autorisent toutes les variations. Gestes de détente, exploration du muscle, recherche des tensions, puis traitement plus ou moins profond de celles-ci. Le travail global d’une zone ou d’un muscle implique la main dans sa globalité. Le travail en profondeur d’une insertion ou d’un point implique plus particulièrement les pouces. Dans l’idéal, le geste conjugue toujours les deux : une présence globale de la main et une intension plus particulière, exprimée par le pouce ou une partie spécifique de la main.

 

Les manœuvres de base du massage suédois ont été élaborées par Per Henrik Ling (1776-1839), qui fut à la fois médecin, enseignant et poète.

© Joël Massage Bastia Corse www.joel.mic.fr

Articles similaires